PATRIMOINE CULTUREL

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Habitat rural typique : le pays des trois toîts

Faute de routes et de moyens de transports pour aller quérir au loin les matériaux nécessaires, nos ancêtres avaient résolu leurs problèmes d'habitat en utilisant les ressources locales. 
Leur utilisation a longtemps été privilégiée pour la construction. Les toits en chaume, genêts ou lauzes, si typiques du plateau, font aujourd'hui l'objet de restaurations. 

  TOIT DE PAILLE
Les toitures en paille sont faites avec du seigle.  La paille de seigle pousse très bien dans la région du Mézenc.   Elle est très résistante et légèrement "grasse" ce qui la rend imperméable.  Des gerbes, on tire deux poignées de paille qu'on lie ensemble, c'est le "cloissou".  Ce "cloissou" est fixé aux chevrons (lattes) par un lien de paille et attaché au "cloissou" voisin par un autre lien de paille.  Tous  les ans l'habitant ou le "chaumier" refera une partie de la toiture. Un toit en paille a une durée de vie de 15 à 30 ans (suivant l'exposition). A l'heure actuelle on dénombre une cinquantaine de maisons en paille de seigle avec deux villages importants ( MOUDEYRES et BIGORRE).
 
TOIT DE  LAUZE  
Un toit de lauze est résistant et solide. Cette lauze provient des lauzières, carrières qui se trouvent sur le secteur MEZENC/MEYGAL-GERBIER. Dans de gros blocs de roche de phonolite, le "lauzeron" va découper des dalles de 2 à 5 cm d'épaisseur. Il donne naissance à un rectangle bleu à la fois solide et fragile : la lauze. Celle-ci sera posée sur une charpente solide car elle est lourde (150 à 250 kg au m²). Le "lauzeur" va faire deux A l'origine la lauze était fixée par des chevilles en bois qui sont remplacées aujourd'hui par des clous. Les deux tiers de la lauze sont recouverts par la lauze supérieure. Le faîtage est terminé par une rangée de pierres arrondies et creusées appelées "bastelles"
Un dicton dit :"qui pose lauze, pour cent ans la pose".


TOIT DE GENET Dans le secteur des sources de la Loire ( Ardèche ), où le seigle a des difficultés à pousser, les toits sont réalisés en genêts. Les toits sont appelés "paillasse". La charpente est identique à celle d'un toit de chaume. Un treillis avec des branches de genêts (d'environ 1 m de long) qui sert de support pour fixer les petites touffes des genêts dits "grappés"(genêt purgatif).
Le faîtage sera confectionné soit avec des mottes de terre fixées par des chevilles en bois, soit avec deux larges planches de bois de 50 cm de large fixées de part et d'autre de la toiture. Un toit en genêts a une durée de 30 à 35 ans suivant l'exposition. Les genêts sont récoltés de début octobre jusqu'à fin avril, lorsque la sève est absente. Ils sont coupés à l'aide du "poudet", un couteau recourbé idéal pour sectionner les genêts.  Ils seront posés en mai-juin avant les trop fortes chaleurs qui sèchent et rendent le genêt cassant. Parfois, le propriétaire de la maison savait travailler lui-même le genêt, mais lorsque ce n'était pas le cas, il faisait appel au "paillaïre" : piqueur de genêts professionnel (un à deux par villages) qui vivait de cette activité.
    

Patrimoine religieux
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EGLISE ROMANE
DE SAINT-FRONT


On reconnaît au cœur de nos villages l'église romane si elle est sombre, aux pierres rouges presque noires, aux ouvertures arrondies. Rurale, sobre, enracinée.
Si elle n'est pas conforme à cette description sommaire c'est que l'église actuelle a pris la place de l'ancienne. C'est un jeu, sans besoin de personne, que de chercher sur l'église récente quelques détails, des débris de la romane : une pierre sculptée, une tête, un morceau de mur, un réemploi.
Les églises romanes datent de l'An Mil, un peu plus, un peu moins.

En 1000 ans, elles ont été beaucoup modifiées (les voûtes, le cloche, le portail)... .mais elles conservent la sérénité, le silence de l'ombre protégé par les murs épais.

       


ABBATIALE DU MONASTIER


La vie religieuse intense a fortement influencé l'histoire du pays, le couvrant de chapelles, églises et temples. Des croix de grès ou de granit veillent sur chaque chemin. Souvent dissimulées, d'accès quelquefois difficile, les églises et chapelles romanes sont perdues au coeur de vallées retirées, ou perchées sur de véritables nids d'aigles (Nieigles, Thines...).
Les églises romanes sont généralement de dimension modeste, aux proportions harmonieuses et à la décoration sobre ; on y retrouve l'influence des régions voisines. 
Cette architecture romane est en grande partie l'oeuvre des moines, présents depuis le Haut Moyen Age et qui influencèrent de façon durable l'histoire du pays par leur mode de vie, leurs connaissances architecturales, agricoles et forestières, et leur organisation.
  
  

  Petit patrimoine

Four à pain et maison d’assemblée


Sur le « coudert », espace communautaire des hameaux du massif Mézenc Gerbier, ont remarque deux constructions en pierre, éléments forts du patrimoinre d’autrefois : le four banal et la maison d’assemblée.

Le premier tenait une grande place dans la vie paysanne, le pain étant un élément de base de l’alimentation . Installé par le seigneur sur ses terres, il servait à cuire le pain de la collectivité moyennant une redevance. Avec la révolution de 1789, il devient propriété du village.

Au 17ème siècle est bâti un second bien communautaire ; la maison d’assemblée. Elle servait de lieux de réunion et de prière des villageois et abritait la béate. Cette jeune femme formé par les religieuses, apprenait le catéchisme, la lecture, l’écriture ainsi que le calcul aux enfants et la dentelle aux femmes du Velay
 
Croix et calvaires

Dès le haut moyen âge, pour protéger ou guider voyageurs et pèlerins, témoignant de la profonde foi des habitants des hautes terres, de nombreuses croix sont érigées aux carrefours ou limites de domaines.

Les croix sont très présentes sur le plateau et ont une signification bien particulière.

On retrouve également de nombreuses croix aux sommet du faîtage des demeures traditionnelles, elles sont le symbole de la protection divine. Le sommet des pignons est également orné d’une boule posée sur une tige, emblème phallique païen symbolisant la fécondité

 
Fontaines et lavoirs.

Les fontaines ont également  toujours joué un rôle médico-spirituel auprès des habitants qui trouvaient selon les désordres de leur santé, la source capable d'enrayer les maux.

Les lavoirs faisaient également partie intégrante de la vie d’autrefois. Ils étaient le lieu de la lessive, là où les femmes se retrouvaient, agenouillées et munies d ‘un savon qu’elle frottait sur les vêtements étalés sur les flancs du bassin.
 
 
Traditions populaires


Le Folklore
Il est très présent dans tous les villages. Des manifestations sont organisées régulièrement pour perpétuer la tradition folklorique auvergnate, il existe de nombreux groupes folkloriques qui donnent des représentations de danses et musiques locales (bourrée auvergnate). Une volonté réelle de respecter et d'accentuer la tradition se développe au sein de nombreuses associations.


Le patois
Le patois est encore utilisé sur le plateau. Il est perpétué par la tradition orale ; beaucoup de gens parlent le patois parfaitement sans pour autant savoir l'écrire.
Cette tradition orale issue de la langue occitane fait partie de notre patrimoine. Elle nous rapproche des cultures catalane ou piémontaise.


Les métiers d'autrefois
Le Pays du Mézenc accueillait divers corps de métier aujourd'hui disparus : lauzerons, dentellières, sabotiers, tailleurs de pierres. Mais le Pays du Mézenc maintient néanmoins quelques métiers traditionnels notamment les poseurs de chaume ou de lauze.